Invité à la mi-juin par l'association Actevi à une table ronde sur les projets d'urbanisme en cours sur Issy les Moulineaux, j'ai pu m'y comforter dans l'idée que ces projets ne peuvent être traités de manière confidentielle et doivent au contraire faire l'objet d'une large concertation car les citoyens souhaitent en majorité participer à la mise au point du futur visage de notre cité. Dans ce domaine de l'urbanisme, ni les architectes garants de l'esthétique des bâtiments, ni les bureaux d'études garants de la pérennité des bâtiments, ni les économistes garants du coût des bâtiments ne peuvent décider seuls ou groupés des composantes de ce futur visage. Les artistes, les calculateurs et les financiers sont donc appelés à être des forces de proposition et des conseillers tout d'abord auprès des élus qui les ont sollicités puis surtout auprès des citoyens car un consensus minimum est nécessaire pour avoir un urbanisme qui soit à la fois visionnaire et source de bien-être. Cet exercice est un élément important de la démocratie locale car il s'agit de construire avec au lieu de prétendre construire pour. Retour sur les principaux projets d'urbanisme en cours sur notre sol par le biais de cette grille de lecture.
Le 4 juillet dernier s'est achevée l'enquête publique sur le Schéma de Cohérence Territoriale des Coteaux et du Val de Seine. Lors de la séance du Conseil Municipal du 2 avril dernier, nous nous étions abstenus sur le projet de SCOT objet d'une résolution car, même s'il ne s'agit que d'un cadre bâti sur des objectifs louables notemment en matière de développement durable, il ne comportait pas suffisamment de garde-fous face au risque d'une urbanisation trop intensive et n'avait pas encore atteint le nécessaire juste équilibre entre les nécessités économiques, la prise en compte de réalités sociales et la préservation du cadre de vie. Lors de la procédure d'enquête publique, nous avons émis des propositions en matière d'utilisation des énergies renouvelables, de l'optimisation du réseau de transports en commun, de l'équilibre à trouver entre les différentes communes de la Communauté d'Agglomération et d'une meilleure pratique de la démocratie locale. Mais il est malheureusement symptomatique que le nombre de contributions à cette enquête publique soit resté relativement restreint non par manque d'intérêt de la part des Isséens mais surtout à cause d'une publicité marginale autour de cette enquête publique assortie d'une pédagogie insuffisante autour de ce sujet technique trop hermétique pour les non initiés.
A partir de l'automne prochain aura lieu la procédure d'enquête publique relative au projet de la RD7. Dans mon article du 14 avril, j'ai relaté le volte-face de la majorité municipale sur le sujet ainsi que l'utilisation par le Conseil Général d'un sondage orienté afin d'influencer l'opinion publique sur ce sujet. Ce sondage est analysé en détail sur le blog des militants du MODEM à Issy les Moulineaux. L'important sera de relayer avec vigueur lors de l'enquête publique correspondante le positionnement majoritaire exprimé par les Associations et les participants aux différentes réunions publiques ayant eu lieu lors de la phase de concertation préalable.
Le projet le plus sensible reste celui de la ZAC Coeur de Ville en lieu et place du CNET de France Télécom qui prévoit rappelons le la réalisation d'une tour de 170 mètres de hauteur, la réalisation d'un équipement culturel appelé à remplacer le PACI reconverti en logements avec la seule façade classée conservée ainsi que la création d'un centre commercial de 32 000 m2 environ partiellement souterrain sous en espace planté public. Ce projet initialement présenté lors d'un atelier d'Urbanisme a fait l'objet de mon article du 29 décembre 2008 . Il pose d'importantes questions en matière d'esthétique, de circulation et de démocratie locale. C'est un projet qui favorise de fait la production et la consommation au détriment de la relation. Le moment venu, il nous appartiendra de participer activement à la concertation en y proposant des solutions alternatives plus en adéquation avec les attentes des Isséens.
Le projet d'opération immobilière au 32-36 rue Henri Tariel inquète des riverains et des habitués du Parc Henri Barbusse. Comme l'indique l'Association Actevi, "le projet consiste en la construction d'un ensemble immobilier de 30 logements là où se trouve actuellement une petite maison et induirait l'abattage de beaux sujets d'arbres faisant historiquement et de visu partie du Parc Henri Barbusse. Il est par ailleurs surprenant que la Ville n'ait pas exercé son droit de préemption pour agrandir le Parc Public Henri Barbusse particulièrement étroit à cet endroit." L'éventualité de ce projet pose de facto la question des règles de protection des espaces verts et de constructibilité à leurs abords immédiats. Sur cet important sujet lié à la qualité de vie, il nous appartiendra aussi, en tant qu'élus de nous montrer vigilants afin d'être garants de l'intérêt général de la population isséenne.
En ce qui concerne le projet du Fort, nous avons tous encore en mémoire l'abandon du projet de téléphérique à l'orée de la campagne municipale. Récemment a été organisée le 18 mai dernier de manière confidentielle une réunion "publique" ayant regroupé les seuls riverains de l'opération. Le journal Point d'Appui de juillet-août présente le projet en l'état en page 9 et invite au débat participatif sur le sujet sur le site associé. Ce projet comporte des aspects intéressants comme le désenclavement des quartiers autour du Fort ou la création d'espaces de promenades mais soulève d'importantes questions en matière de circulation ou de mixité sociale. Là aussi l'important sera de participer activement aux différentes étapes de la concertation en étant force de proposition afin de finaliser un projet d'aménagement qui n'amène pas de nuisances ou de contraintes supplémentaires aux habitants du quartier des Hauts d'Issy.
Enfin, en surfant sur le net, j'ai découvert pas hasard sur le site CyberArchi.com que "Loci Anima, l'agence de Françoise Raynaud associée pour l'occasion à l'architecte japonaise Itsuko Hasegawa avait gagné le concours pour la restucturation complète du secteur du Pont d'Issy". Les explications et les images de synthèse présentes sur ce site peuvent laisser perplexes d'un point de vue de l'esthétisme et inquiéter quant au surcroît de circulation automobile généré sur les berges de la Seine. Il n'est pas surprenant qu'avec de tels projets dans les cartons, la municipalité soit tentée d'opter pour une mise à quatre voies de la RD7. Lors de la dernière séance du Conseil Municipal, j'ai fait part à Monsieur l'Adjoint chargé de l'Urbanisme de ma surprise face à ma découverte sur le Net et lui ai demandé par écrit que ce projet soit inscrit à l'ordre du jour d'une prochaine réunion de l'Atelier d'Urbanisme en préalable à une phase de consultation ultérieure.
Les projets urbanistiques ne manquent donc pas sur le sol isséen. L'important sur ces sujets est de ne pas avoir de position dogmatique de principe et de faire des proposition pour les fairé évoluer vers une meilleure qualité de vie à travers une réelle démarche de développement durable non tronquée au profit des seuls intérêts financiers. Cette démarche pourra d'autant mieux être menée à bien que les intervenants seront à la fois nombreux et représentatifs. Les associations, les citoyens, les élus, les architectes, les bureaux d'études et les économistes sont donc appelées, dans l'intérêt général, à vivre un partenariat à la fois réel et non opaque. Car le développement durable comporte un fort enjeu démocratique qu'il n'est plus possible d'occulter à notre époque.


Bonjour,
Les comités de quartier auraient-ils leur mot à dire sur l'urbanisme?
S'ils avaient des pouvoirs cela deviendrait des sortes de "soviet", ce qui ne serait pas démocratique.
Rédigé par: naïf | 15 août 2009 à 17h21
@ naïf : vous trouverez tout sur les conseils de quartier d'Issy-les-Moules, ici : http://www.issy.com/index.php/fr/citoyens/conseils_de_quartier
Mais ne vous inquiétez pas, ces conseils de quartier sont tellement bien encadrés et surveillés par la majorité qu'ils ne risquent pas d'être envahis par les "socialo-communistes" (c'est de l'ironie, bien évidemment).
Rédigé par: OG | 19 août 2009 à 10h58