Lors de la séance plénière du Conseil Municipal du 15 courant, nous fûmes amenés à nous prononcer sur deux résolutions concernant d'une part une participation financière aux travaux de réparation et de sécurité du campanile de l'église Saint-Benoit et d'autre part l'octroi d'une subvention pour la restauration de l'orgue de l'église Saint-Etienne. Ces deux résolutions en conformité avec les lois en vigueur peuvent sembler anecdotiques mais elles donnent en réalité corps à une notion que la mode ambiante appelle laïcité positive.
Sur ces deux résolutions rattachées à un principe républicain, je suis intervenu pour dire que la réparation et la restauration envisagées correspondent à des interventions techniquement nécessaires, affirmation étayée par ma bonne connaissance des deux lieux concernés . Elles entrent dans le cadre d'une pratique pertinente de la laïcité qui veut que politique et religion coexistent en bonne intelligence sans se combattre, s'exclure ou s'entremêler.
Le Président Sarkozy a, sur ce sujet, rappelé devant la Commission des Evêques de France que la politique organisait la vie de la cité mais n'avait pas vocation à donner un sens à la vie, cette dernière prérogative revenant aux religions.
Dans cette mouvance, les deux résolutions examinées en Conseil sont des résolutions politiques qui vont permettre aux paroisses concernées de mener à bien leur mission. Je les ai donc soutenues comme j'aurai approuvé toute résolution similaire concernant des réparations sur le temple protestant, l'église arménienne ou tout autre lieu de culte non catholique.
Car la laïcité positive ne saurait être sélective.


A ce propos, je suis en complet désaccord. D'abord le terme de laïcité positive suggère à tort que la laïcité serait par nature "négative", et qu'il faudrait l’infléchir pour la rendre « présentable ». C'est exactement le discours des opposants à la séparation des églises et de l'Etat.
Le premier article de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat est clair : "l'Etat ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte."
C'est à dire que l'Etat se retire du jeu religieux qui ne concerne que la sphère privée des individus.
Que se passera-t-il demain si des scientologues viennent demander une subvention pour un temple, ou d'autres sectes non encore répertoriées ? Qui dira si l'un est plus légitime que l'autre ? La municipalité devra-t-elle arbitrer entre les religions "légitimes" et les autres ? Et que dire aux athées à qui on impose de financer les lieux de culte des autres par leurs impôts ?
C'est bien pour ne pas avoir à ouvrir cette boite de Pandore que la loi de 1905 a été votée.
C'est un vrai débat national à mener dans le respect des convictions et de la pensée de chacun et le financement des cultes devra un jour être tranché clairement, comme l'a été le port des signes religieux à l'école.
Martine Cerf
Secrétaire Générale d’EGALE (Egalité, laïcité, Europe)
Rédigé par : Martine Cerf | 23 octobre 2009 à 01h04
Le débat viendra surtout sur la notion de culte. Les scientologues ou autres adeptes de sectes peuvent-ils être considérés comme pratiquants d'un culte? C'est de fait une question intéressante. La loi de 1905, quant à elle, est une loi pertinente, très critiquée à l'époque mais qui permet une bonne et juste coexistence entre l'Etat et le religion catholique. Pour moi, cette loi doit être généralisée aux autres cultes une fois que cette dernière notion aura clairement été définie.
Rédigé par : BERANGER Etienne | 23 octobre 2009 à 09h19
Je suis farouchement opposé au concept de laïcité positive inventé par Sarkozy lors du discours du Latran (entre 2 envois de texto à côté du Pape). La laïcité est ou n'est pas. Je suis laïque ou je ne le suis pas. Le fait de remettre en état des édifices religieux est normal car cela fait partie de notre patrimoine. Il est donc bien normal que les collectivités territoriales y participent. Nous avons une loi de 1905 qui a permis de trouver la paix entre l'Eglise et l'Etat ainsi qu'avec toute autre religion. Nous devons protéger notre laïcité face à des tentatives de déstabilisation. Y répondre en parlant de "laïcité positive" constitue pour moi un mauvais signal.
Rédigé par : Arnaud | 23 octobre 2009 à 16h15