Depuis presque trente ans la majorité municipale actuelle a mis en oeuvre un urbanisme volontariste parfaitement justifié à l'origine. Il s'agissait alors d'accompagner la révolution tertiaire qui se profilait à l'horizon et de réaffecter des friches industrielles inesthétiques. Cet urbanisme a amené avec lui une réelle qualité de vie et a contribué à assainir les finances municipales. Mais cet urbanisme a besoin maintenant d'être régulé car il atteint ses limites. Il devient nécessaire de maintenir une réelle qualité de vie et d'entrer au niveau municipal dans l'ère du développement durable. Ce point était un des axes principaux de notre campagne municipale du printemps 2008. Il est toujours d'actualité et l'appel à un urbanisme concerté et mesuré qu'il véhiculait avec lui a été rappelé lors de la séance plénière du 15 courant du Conseil Municipal à travers notre vote sur des résolutions spécifiques relatives à l'urbanisme.
La résolution n°12 concernait la désaffection et le déclassement des locaux de l'ancien Centre d'Expression d'Arts Plastiques sis 14 avenue Bourgain. Les lieux sont actuellement squattés et en mauvais état. La décision de désaffection et de démolition est donc légitime. Par contre la mise en route d'une étude de faisabilité pour un programme de logements privés l'est beaucoup moins. J'ai donc rappelé qu'en lieu et place d'un équipement public il serait préférable de maintenir un autre équipement public. Notre programme municipal proposait la création d'une maison de la démocratie afin de favoriser l'expression politique et la vie associative dans notre commune. Dans un autre ordre d''idée, une militante m'a suggéré la création d'une résidence intergénérationnelle regroupant des logements étudiants et des logements séniors autonomes. C'est précisément ce type de projets alternatifs qui constituent une saine régulation de l'urbanisme.
La résolution 26 était centrée sur la révision simplifiée du PLU pour le secteur compris entre la ZAC "Bords de Seine" et la ZAC "Quai des Chartreux". L'année dernière, à la même époque, nous avions voté contre une résolution du même type. J'ai fait remarquer que l'urbanisme trop conséquent que cette résolution véhiculait avec elle, avec notemment une construction de grande hauteur, induisait la demande de mise à 2 fois deux voies de la RD7 tant critiquée à juste titre. Par ailleurs, il faudra dans le futur raisonner en matière de création d'emplois et d'urbanisme au niveau de l'intercommunalité lorsque celle-ci aura été élargie et lorsque les textes le permettront. J'ai enfin indiqué que nous profiterions de la phase de concertation pour faire des contre-propositions dans le but de faire émerger un consensus.
Enfin, la résolution 29 concernait l'approbation du bilan prévisionnel actualisé de l'Opération du Fort. Nous nous sommes abstenus car le projet comporte de bons et de mauvais aspects. Les équipements publics qui y sont prévus sont pertinents. Une partie du quartier des Hauts d'Issy sera désenclavée. La proportion d'espaces verts envisagée est significative et garante d'un certain bien-être. Mais le projet en l'état comportant essentiellement des immeubles de grand standing mettra à mal la mixité sociale caractéristique de ce quartier du temps des anciennes casernes. Par ailleurs le nombre trop important de logements réduira la qualité de vie potentielle et induira des problèmes de circulation dans le quartier.
A travers ces trois exemples est mise en évidence les limites d'un urbanisme qui a longtemps fait ses preuves mais qui doit aujourd'hui être modulé sur la base des critères de développement durable et d'une large concertation. Car un urbanisme bien régulé est un urbanisme concerté.


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