Lors de la séance plénière du Conseil Municipal du 4 courant nous avons soutenu les résolutions relatives au budget primitif et à l'attribution de subventions à des organismes et associations oeuvrant sur la commune alors que nous nous étions abstenus l'année dernière à pareille époque sur des résolutions similaires.
Retour sur les origines de cette évolution à chercher ailleurs que du côté du revirement, du ralliement, du reniement ou de la posture politicienne.
L'année dernière, nous nous étions abstenus sur la résolution relative au budget, estimant avoir été insuffisamment écoutés sur des sujets ayant trait au monde associatif, à la croissance numérique et à la croissance verte, les deux principaux moteurs de la croissance moderne et au développement durable. Des progrès sensibles ont été accomplis depuis dans ces domaines et nous les avons actés.
Lors du débat d'orientation budgétaire du mois de décembre dernier, nous avions insisté sur la nécessité de fonder la mise au point du budget communal sur les valeurs républicaines inscrites au fronton de notre mairie en mettant en avant l'incontournable solidarité en temps de crise avec les plus défavorisés de nos concitoyens isséens. En consultant la grille des subventions allouées aux organismes et associations à vocation sociale (CCAS, ASTI) ainsi que la tribune de la majorité municipale dans le numéro du mois de février du mensuel Point d'Appui, nous avons pu constater que ce message avait été à la fois écouté et entendu.
Par ailleurs, le sénateur maire MODEM de Ville d'Avray Denis Badré nous a indiqué qu'avec l'aide de ses collègues altoséquanais, il avait contribué à l'élaboration d'une réforme de la taxe professionnelle qui ne nous soit pas défavorable éclairant par la même l'avenir proche qui pouvait paraître incertain.
Enfin, le recours à l'emprunt et à l'investissement en temps de crise inscrits dans le présent budget, contribue à faire de notre commune un acteur de la relance nécessaire.
En conclusion, le budget 2010, même s'il n'est pas parfait, car le mieux est toujours l'ennemi du bien, comporte un nombre d'aspects positifs suffisant (comme par exemple le non augmentation de la fiscalité locale) pour que nous lui apportions notre soutien assorti de notre volonté de partenariat au profit de l'intérêt général déjà exprimée en décembre dernier.
Concernant les associations, nous nous étions également abstenus l'année passée car la diminution de la subvention accordée à l'ASTI nous apparaissait excessive et insuffisamment justifiée. Cette année, la subvention allouée à l'ASTI a été remise à niveau ce qui nous paraît juste eu égard à la qualité du travail et à l'utilité sociale reconnues de cette association.
Nous avons par ailleurs noté l'augmentation de la subvention allouée au CCAS qui se justifie pleinement en ces temps de crise. Nous soutenons donc cette résolution ou les élus du Conseil Municipal pratiquent une sorte de facilitation de service public au profit de citoyens isséens intéressés par l'objet de cet organisme, cet objet représentant par ailleurs une utilité sociale pour la commune.
De plus, afin d'optimiser au niveau national le principe d'attribution de subventions à des associations locales, nous réfléchissons actuellement à une proposition à soumettre au législateur intégrant dans le processus une consultation plus large des représentants locaux des associations et de l'opposition afin d'en finir avec les suspicions de partialité surgissant ici ou là et qui sont toujours malvenues sur des sujets sociaux, culturels et sportifs.
L'évolution de nos positions s'appuie uniquement sur les valeurs humanistes et républicaines sur lesquelles s'est fondé le Mouvement Démocrate, en dehors de toute question de posture politique de principe. Cette évolution ne traduit donc pas un ralliement à la majorité municipale ni une trahison de nos idéaux démocrates mais est l'aboutissement logique d'un processus de discernement que nous appliquons depuis le début de la mandature. Nous avons toujours considéré en effet que chaque résolution devait être éprouvée avant d'être approuvée ou réprouvée. A l'orée de ce processus, il faut être indifférent, c'est à dire non pas faire preuve de désintérêt mais considérer que chaque option a la même probabilité initiale d'être retenue (absence de différence) ce qui renforce la sincérité et l'objectivité de la démarche. Un discernement n'a pas à être la confirmation bienveillante et orientée d'un choix préétabli au départ. Par exemple considérer que soutenir un budget revient à valider l'ensemble d'une politique est une erreur courante synonyme d'un discernement à la fois tronqué et truqué. Car, comme l'a si bien dit Victor Hugo, les vrais choix politiques reposent sur la conscience et pas sur la consigne. Etre démocrate, c'est être libre et indépendant comme aime à le répéter François Bayrou. Nos deux approbations discernées librement, expliquées clairement et traduites dans un vote sont donc à la fois la preuve de notre indépendance d'esprit, de notre liberté de vote, de notre volonté de partenariat responsable et de la cohérence de notre ligne de conduite en dehors de toute démarche politicienne.
Nous avons donc simplement le sentiment d'avoir accompli notre devoir d'élus sans avoir cédé à la tentation du ralliement, du reniement ou du positionnement postural et politicien.
Notre espérance est que cette démarche soit de plus en plus perçue, comprise et partagée
C'est notre profession de foi et notre projet pour la mandature en cours.
Céline Hountomey et Etienne Béranger


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