Lors de la séance plénière du conseil municipal du 15 décembre nous a été soumise une résolution afférente à l’octroi d’une participation financière de la commune au fonctionnement d’établissements privés accueillant des élèves isséens. Traditionnellement le débat se concentre sur la question de la laïcité qui est certes une question importante mais qui occulte complètement les considérations liées à l’incomplétude du service public proposé par l’Education Nationale.
Concernant l’aspect relatif à la laïcité, il convient de noter que les établissements objets d’une participation des communes aux dépenses de fonctionnement ne sont pas tous confessionnels et qu’il ne faudrait donc pas avoir une vision trop restrictive des choses.
Et surtout, les parents qui mettent leurs enfants dans des établissements privés le font plus souvent par obligation que par choix. J’ai dans mes relations un nombre significatif de parents dont les enfants ont des difficultés scolaires ou des problèmes comportementaux auxquels l’Education Nationale qui s’adresse essentiellement aux élèves entrant dans une certaine norme n’arrive pas à apporter de réponse pertinente. Les suivis personnalisés et adaptés ne se trouvent malheureusement pas toujours dans le secteur public surtout pour des enfants ayant des problèmes spécifiques.
Cette incomplétude de l’Education Nationale ne saurait par ailleurs se résorber par le biais de la RGPP sous sa forme actuelle qui procède trop par des réductions de personnel de principe sans avoir suffisamment recours au nécessaire discernement catégoriel synonyme d’équité et de justice.
Pour toutes ces raisons, les écoles privées s’adressent souvent aux élèves privés d’école.


Ce point de vue ne correspond nullement à la réalité.
Parent d'un enfant en situation de handicap à Issy, je peux vous dire qu'aujourd'hui les écoles privées ne répondent pas plus aux besoins spécifiques de ces enfants que l'Education nationale.
En tant qu'Isséenne, je peux également dire que les parents que je fréquente ont fait le choix du secteur privé par pure "idéologie" ou projettent de le faire après l'école primaire par convenances personnelles, parce qu'ils en ont les moyens et que le collège de leur secteur ne leur convient pas...
C'est leur droit le plus stricte. Mais que l'on oblige les communes à financer ce choix est purement scandaleux.
C'est pourtant l'objet de la loi Carle qui vise à "garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat par les mairies (donc par nous, les contribuables) lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence.
La loi Carle ne stipule nullement que cette mesure est destinée à scolariser les enfants "privés d'école" ! Cette mesure est purement électoraliste et surtout... de droite !
Sandra Filipovic
Rédigé par : Filipovic Sandra | 26 décembre 2011 à 20h08
Je prend acte de votre témoignage fort intéressant.
Je connais également des parents(certains sont de gauche) qui placent leurs enfants dans le privé par convenance personnelle ou parce qu'ils pensent que le suivi et l'encadrement sont plus approfondis. Le problème de fond est que chacun doit pouvoir accèder librement à l'école de son choix sans que la question financière soit un obstacle. L'idéal serait que l'école laïque gratuite et obligatoire puisse s'adresser à tout élève quelque soit ses capacités ou son handicap éventuel. Le législateur a néanmoins reconnu l'utilité de l'enseignement privé et de fait la question de la participation publique au financement de cet enseignement est une question sensible.
Rédigé par : BERANGER Etienne | 29 décembre 2011 à 20h02